Janvier 1

1er janvier 2023

Aller simple pour Arecifa en fin de semaine. Pour le retour on verra sur place.
Pas de Facebook ni Instagram ni photos ou vidéos sur WhatsApp pour ce voyage.
Si vous êtes ici de temps en temps c’est bien.
Comme à l’habitude le site internet dédié accumule des connaissances en vue d’un futur bouquin,
nourrit le voyage et ce qu’il en reste après.
Où l’on s’aperçoit que les îles Canaries c’est bien autre chose que les plages ensoleillées, la lave débordante de Manrique et les petites fleurs tropicales…
Et si je n’y voyais pas autre chose, j’aurai peur de mourir idiot !
Beaucoup de découvertes dans cette exploration virtuelle depuis quelques jours, vous voyez ça dans les pages liées.

Mais où aller sur ces confettis battus par le vent et le tourisme massif d’Europe du Nord ?
Y trouver quoi entre deux moments pleins de sable blanc ou noir collé aux pieds chauffés par le soleil et la lave sous-jacente ?
Où "escargoter" au milieu d’un marketing touristique limite agressif ?

Ce matin, après ou avant les vœux traditionnels, vu un site de voyage bien détaillé ( Zigzag) sur Lanzarote et Fuerteventura), deux îles bien différentes. Un site commercial, d'influenceuse typique : tu cliques sur un lien et elle gagne de l'argent... mais assez bien fait dans le genre à mon sens. Elle y évoque beaucoup de détails, parsemés de liens omniprésents vers des loueurs ou des excursionnistes.
Bon, l'influenceuse là, elle n'est pas vraiment adepte de la solution bus et taxi, vélo et pédestre, ne parle que des paysages, conseille surtout les excursions et locations de voitures tout en disant sortir des "sentiers battus", ce "leitmotiv" du tourisme mondial, surtout qu'ici il est très fortement demandé de ne pas sortir des chemins tracés lorsqu'on marche quelque part.


 

12 coups de minuit, 12 grains de raisin
Grains de raisin

 

2 janvier


 

Découverte de l'île de Lobos qui doit son nom aux loups de mer aujourd'hui disparus d'ici depuis qu'ils ont été mangés par les colonisateurs. Des petites sorties de volcans en pagaille, une petite boucle de balade bosselée sous le soleil et sur la lave des chemins, le sable, des plagettes, à quelques encablures au Nord de Fuerteventura. Why not ?

 

Lobos island fuerteventura img 0904 l

3 janvier

Et où on va dormir ?

AAHH tous ces hébergements pour un confetti de 70km/20km ! environ 3 au km2...
Capture booking

ET
Capture booking 2

Alors, cap au Nord, Orzola, petit port de pêcheur en bord de mer pour quelques jours.
Après on verra.
(Au secours !)
Mais...
La patronne du village est Rose de Lima, (1586-1611), laïque dominicaine péruvienne, protectrice des femmes, des couturières et des fleuristes.
Elle va veiller sur nous, sûr ! Au moins sur l'élément féminin du groupe.

 

La plage de derrière à Orzola
Capture plage orzola

4 janvier

Ah oui, les photos ? Bien entendu, mais lesquelles?
Quelle pertinence alors que l'on peut en voir des foultitudes sur la toile d'araignée... et quiquequoidontoù ?
Je vais quand même emporter mon Minolta compact qui date un peu, et essayer de me faire plaisir de temps en temps.

Et faut pas craindre quand on côtoie en permanence des photographes géniaux et géniales !
Et ne comptez pas sur moi pour vous arroser de photos et vidéos ( Genre "Nous deux à la plage" "Nous deux sur le feu du volcan en train de faire cuire des patates" " Nous deux en sous-marins"... sur vos facebook et compagnie.
Alors si vous venez ici de temps en temps c'est bien.Continuez.


Un restau qui ne connaît pas la hausse du coût de l'énergie.
Une idée pour votre cuisine...
Capture cuisson volcan

5 janvier

Lanzarote, nager dans l'actualité.

Route vers les Canaries : Lanzarote devient le premier "port" d'arrivée pour les migrants venus d'Afrique

Par La rédaction de INFO MIGRANTS, Publié le : 06/10/2022

D'après des données de la Croix-Rouge, 4 919 personnes sont arrivées à Lanzarote à bord de petits bateaux et de canots pneumatiques entre le début de l'année 2022 et le 5 octobre. À la faveur d'un changement de route, cette île de l'archipel des Canaries est donc désormais le premier "port" d'arrivée, devant Grande Canarie. En savoir plus ici

 

Patera de migrants
Barque migrant

6 janvier

Connaissez-vous Feloche, le merle siffleur de La Gomera ?

Son histoire sur l'île

et son tube préféré

Le Silbo, un étonnant langage qui retrouve une vigueur avec le flux touristique.


Des siffleurs à La Gomera
Capture gomera

7 janvier

C'est pas de la rigolade, on part ce matin pour Orzola.
300 habitants, manière de ne pas trop changer d'échelle avec les collines de La Piège. Un village de flux et de reflux toutes les 1/2 heures, passage obligé pour les baladeurs qui veulent faire leur petite excursion à La Graciosa, un paradis pelé chaud bouillant "très gracieux" comme son nom l'indique. Espérons que l'hôtel n'est pas trop près du port et qu'il n'y a pas de navette de nuit.
Irons-nous faire cette boucle ? https://www.visorando.com/randonnee-lanzarote-la-graciosa-boucle-sud/

Et si ce voyage n'était que virtuel ? Une vaste mystification de mon imaginaire survolté ?
Va savoir.
Sur ces îles, on pourrait rencontrer quelques monstres marins...
Je viens de terminer un roman singulier, les deux personnages, une sorte de climatologue humaniste et un vrai gardien de phare obtus, accompagnés par une vague sirène chanteuse fantasmée à "la peau froide, et douce", vivent isolés sur une île déserte de l'océan Antarctique et doivent se défendre contre les attaques nocturnes de petits monstres marins.
Un étrange récit imaginé par Albert Sánchez Piñol, auteur anthropologue catalan, " La peau froide"  ActeSud 2007

Et si dans ces chaudrons de l’île de Lobos je trouvai trace de mes djinns préférés, Gaïa et Gahâlidé, de leurs ébats telluriques qui finalement ont des retombées économiques inattendus et d’une importance inouïe pour les autochtones qui vivent là. Sans eux pas de cratères, pas de puits pour faire griller les côtelettes, pas de tunnel pour loger la salle à manger de Manrique, pas de touristes et vacanciers nord européens.
Qui sait ? Peut-être vais-je les rencontrer en chair et en os ?
Bon, des djinns en chair et en os, ça ne le fait pas vraiment.
Alors, garde tes sens éveillés, on sait que tu dors peu.

Lanzarote, impression en noir et blanc. Depuis le hublot de l’avion, l’impression est assez saisissante, du blanc des villages, villes, zones de résidences de tourisme, au noir, gris et marron foncé de la lave, pas de végétation, le bleu de l’océan. Bon enchainement avec des bus confortables et rapides jusqu’à Orzola par une agréable route urbaine d’abord, côtière sans arbre ensuite, comme dans toute l’île. Cactus, figuiers de barbarie, aloevera à la pelle sur tapis de terre, sable, gravier, scories noires, murets de lave protègeant les cultures du vent. Tiens, pas de vent aujourd’hui.

Orzola, un « pueblo blanco » comme en Andalousie, ici en bord de mer, coincé entre une falaise de belle hauteur et l’océan Atlantique, entouré de scories volcaniques de toutes grandeurs, vielles de quelques milliers d’année, la dernière éruption dans ce coin aurait eu lieu il y a 5000 ans. Un village calme ou passent les touristes prenant le bateau toutes les demi-heures pour la isla Graciosa, qui ne doit pas l’être vraiment au réel, vu le nombre de marcheurs qui s’y retrouvent quotidiennement.
Village de toits plats, aux rues ensoleillées, écrasées de soleil veux-je dire, même en ce mois de janvier, et aux multiples parkings, sol noir de chez noir, tous envahis de véhicules garés là toute la journée pour cause de traversée en bateau vers cette gracieuse île déjà nommée. Mille véhicules de location.
Balade au milieu des scories difficiles à parcourir, quelques petites sentes de sable blond parsemées d’une maigre végétation, quelques traces de pas, des bornes blanches décrépites qui marquent je ne sais quoi, peut être une vague limite à ne pas franchir pour éviter les vagues, une liseuse, je veux dire une liseuse lisant sur sa liseuse et faisant semblant de ne pas nous remarquer, un couple, lui prenant des photos et vidéos d’elle toute en robe courte jaune, baskets jaunes et casquette jaune, sur fond de lave noire, peut être pour une vidéo sur la toile. Une belle scène, tiens  mon Minolta est resté dans ce grand appartement avec balcon et deux chambres, trop grand pour nous deux mais très confortable.

Guy, il faut te remettre en mode voyage, l’appareil photo à la ceinture, prêt à dégainer  

Face à l‘océan, aux îles proches, à la falaise du volcan Corona, le village derrière nous disparu, un vaste champ de lave propice à la méditation devant les flots bleus qui sont très calmes ici, derrière la jetée de sortie du port.

Un craquement, je me retourne, vais-je voir apparaître un de mes djinns ?

Sûr, on ne mourra pas de faim
Capture restos orzola

Dimanche 8 janvier

Le « Malpais de la Corona» la maleterre de la couronne, c’est un champ de lave éclatée sur plusieurs km datant de 4000 ans. Il s’étend depuis le volcan Monte Corona (609m) jusqu’au bord de l’océan, parsemé de langues de sable, criquettes ou piscines (charcos) de marée haute. Peu accessible, peu de monde sauf sur les plagettes dans l’après midi, idéales pour se baigner sans les vagues, l’eau est un  peu froide mais comme la majorité des présents vient d’Europe du Nord, cela ne compte guère. Des abris circulaires pour se protéger du vent et se retrouver en famille le dimanche.
Pour nous quelques kilomètres de sentier aller, marche sur scories, plage, bord de route, sentier retour, Un bon premier contact pour nos jambes pas trop entrainées.
Une côte qu’il faut lire à travers les divers objets échoués sur les rochers, témoins d’histoires marines ou terrestres jonchant cette grève noire, déchiquetée, coupante, taillante, difficile à marcher. Un vieux moteur désossé oublié là depuis on ne sait quand, peut être par des pêcheurs reconvertis, des baskets (leur propriétaire a préféré marcher pieds nus sur les scories, aïe ! Un slip HOM oublié après une nuit d’ébats amoureux, et des épaves témoins de rudes combats entre l’homme et la nature déchaînée. Quand, comment, où se sont-elles fracassées sur les rochers, ont-ils péri en mer, ont-ils survécu ?
Au bout du chemin, sur la plagette de «Caleta del mojon blanco» une barque, de Renaldo, matricule 8780803wn presque prête à naviguer, posée sur le sable, "patère" mauritanienne  de migrants, barque de pêche abandonnée, on ne sait, les enfants s’y amusent, jouent au marin de grand large, son ombre fraîche nous accueille un moment car le soleil de janvier commence à chauffer sérieusement vers midi.

Epaves
MoteurEpave

Sentier
Sentier scories Barquette sur plagette
Barque echouee
Bronzàlaise ou bézalèze
Abrivent